Chez une personne diabétique, une simple ampoule ou un cor mal soigné peut devenir une plaie chronique en quelques semaines. Le podologue évalue le niveau de risque, traite les zones d’hyperpression et apprend au patient à surveiller ses pieds : c’est la base de la prévention.
Pourquoi le diabète rend-il les pieds si vulnérables ?
Le diabète abîme à la fois les nerfs et les artères des membres inférieurs. La neuropathie supprime la douleur : une chaussure qui blesse ou un caillou dans la chaussette passent inaperçus. L’artériopathie réduit l’apport de sang, donc la capacité des tissus à cicatriser. Les déformations du pied, comme les orteils en griffe, créent en plus des zones d’appui anormales.
Ces trois mécanismes se cumulent souvent. Une callosité épaisse sous l’avant-pied cache alors une lésion qui creuse en profondeur, le mal perforant plantaire. Faute de douleur, la personne continue de marcher dessus.
Comment le podologue évalue-t-il le risque podologique ?
Le bilan podologique classe le patient selon un grade de risque, de 0 à 3, établi à partir de la sensibilité, de l’état artériel, des déformations et des antécédents. Le tableau qui suit reprend cette gradation, qui conditionne le rythme de suivi.
| Grade | Situation | Suivi podologique |
|---|---|---|
| Grade 0 | Pas de neuropathie sensitive | Examen annuel des pieds |
| Grade 1 | Neuropathie isolée | Éducation et examen régulier |
| Grade 2 | Neuropathie avec artériopathie ou déformation | Séances de soins de prévention remboursées |
| Grade 3 | Antécédent d’ulcération ou d’amputation | Séances plus fréquentes, suivi rapproché |
Selon l’Assurance Maladie, les patients classés en grade 2 ou 3 bénéficient d’une prise en charge de séances de soins de prévention chez un pédicure-podologue, sur prescription médicale. Le nombre de séances remboursées augmente avec le grade.

Quels signes doivent faire consulter sans attendre ?
Toute modification de la peau du pied chez un patient diabétique justifie un avis rapide, même sans douleur. La règle est simple : une lésion qui ne s’améliore pas en quelques jours doit être vue par un médecin ou un centre spécialisé.
- Une plaie, une fissure ou une ampoule, même petite.
- Une rougeur, une chaleur ou un gonflement inhabituels du pied.
- Une callosité qui noircit ou laisse sourdre du liquide.
- Un changement de couleur d’un orteil.
- Une odeur anormale dans la chaussure ou la chaussette.
La prise en charge d’une plaie du pied diabétique repose sur la mise en décharge de la zone, le contrôle de l’infection, l’évaluation artérielle et un pansement adapté. Sans décharge, aucun pansement ne suffit à faire cicatriser un mal perforant.
Quelles habitudes quotidiennes protègent les pieds ?
L’examen quotidien des pieds reste le premier geste de prévention. Il se fait à la lumière, avec un miroir pour la plante si la souplesse manque, ou avec l’aide d’un proche. Le podologue montre à chaque patient les zones à regarder en priorité selon la forme de son pied.
La toilette se fait à l’eau tiède, en vérifiant la température avec le coude ou un thermomètre, puisque la main d’un patient neuropathe la perçoit mal. Le séchage entre les orteils limite les macérations. Les chaussures se choisissent en fin de journée, sans couture intérieure, et l’intérieur se vérifie à la main avant chaque chaussage. Les coricides et les instruments tranchants sont à proscrire : les cors et les durillons relèvent du podologue.
Questions fréquentes sur le pied diabétique
Ces réponses portent sur les situations que les patients rapportent le plus souvent en consultation.
Peut-on marcher pieds nus quand on est diabétique ?
Non. La marche pieds nus est déconseillée, y compris à la maison et sur la plage. Sans sensibilité, une écharde, un coquillage ou un sol brûlant blessent le pied sans alerter la personne. Des chaussons fermés et des chaussures de plage protègent la plante.
Un podologue peut-il soigner une plaie de pied diabétique ?
Oui, dans le cadre d’une prise en charge coordonnée. Le podologue retire les callosités autour de la plaie et réalise des orthèses de décharge. Le diagnostic, le traitement de l’infection et le bilan artériel restent du ressort du médecin et du centre spécialisé.
Le pied diabétique touche-t-il tous les patients ?
Non. Le risque dépend surtout de la présence d’une neuropathie, d’une artériopathie et des antécédents de plaie. C’est la raison pour laquelle le grade de risque est réévalué au moins une fois par an, pour adapter la fréquence du suivi.



























